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2003 (D.S.)
Jusqu’aux années 1990 un tel
sujet était pertinent mais frisait le sujet bateau, la mondialisation, la CEE
et le libéralisme ont changé la donne. L’Etat est passé de l’omnipotence à la modestie, si bien que
son existence apparaît à certains une survivance, un
héritage coûteux dont on ferait bien l’economie. Il
conviendra de rappeler ce que fut l’Etat au temps de sa splendeur incontestée
puis d’examiner les étapes et les raisons de son déclin pour ne pas dire son
agonie avant de spéculer sur un avenir possible.
I) Le temps de la pertinence 45-75
11) La reconstruction
Il n’y a pas de concurrents, pas
de marché sauf le marché noir et on voit se réaliser un miracle réalisé par un Etat
faible (la IVème République) : planification,
nationalisations (crédit industrie), la monnaie, la Banque de France qui est le
bras séculier de l’Etat, laxisme avec dévaluations compétitives, contrôle des
changes, protectionnisme, la COFACE, le contrôle des prix et parfois des
salaires, l’Etat providence, les débuts de l’aménagement du territoire. è
une économie quasi administrée.
12) L’ouverture de la fin
des années 60 et l’omnipotence de l’Etat
L’ouverture aurait dû tuer l’Etat.
Or, dans un premier temps c’est l’inverse qui se produit.
Le début de la construction
européenne ne se fait pas du tout au détriment de l’Etat car elle se limite
à la CECA (1952), et à la PAC (1962) donc c’est très français.
Les 30 Glorieuses ou le
fordisme à la française (René Boyer) : on a un système marqué par la
puissance du secteur publique mais aussi par des élites dirigeantes : l’Etat
ne fait pas que produire, il est aussi fabriquant d’hommes. C’est l’époque
d’une politique énergétique de facilité (on cherche la dépendance extérieure),
politique industrielle ambitieuse (4ème plan), et c’est dans ce contexte que se
mettent en place les éléments fondamentaux du fordisme à la française :
plein emploi, production de masse, hausse de la production et des niveaux de
vie. Mais une ombre subsiste au tableau : la croissance de la
contrainte extérieure : l’ouverture a eu un effet négatif : c’est
elle qui induit la contrainte extérieure. C’est-à-dire qu’un certain nombre de
décisions essentielles ne dépendent plus de l’Etat.
Les débuts des crises
sectorielles : sidérurgie, textile, construction navale qui rend le
rôle de l’Etat encore plus important.
è Un Etat fort : La
Vème République et un capitalisme reconstitué sous la
tutelle de l’Etat : protectionnisme, subventions, faiblesse de la bourse.
La France a réussi son retour au statut de moyenne grande puissance en dépit
des fragilités qui demeurent (industrie et manque de consensus), mais le
modèle fordiste est-il durable ?
13) Les effets pervers
Incapacité à entreprendre dans
les secteurs privés, action excessive de l’Etat, incapacité à améliorer
le système financier.
II) De l’Etat et la crise à la crise de l’Etat
21) Droite et gauche :
l’Etat perd la main
Le changement de discours est de
peu d’impact sur un navire qui devient ingouvernable : Europe,
mondialisation, nationalisations, privatisations.
Raymond Barre et la première expérience
de libéralisme : il est surtout le libérateur des prix (politique
de vérité des prix). + Choc énergétique et crise globale : Il est
vaincu par la contrainte extérieure mais aussi par la démocratie.
81-82 : le rêve rose et
les quelques réussites : la décentralisation (les lois Auroux), mais c’est
un échec, les banques ne seront pas l’investisseur dont les entreprises avaient
besoin : la relance contracyclique est mauvaise et
on peut pas avoir raison contre tout le monde. Sanction : 3
dévaluations, déséquilibre aggravé, l’acné du chômage.
Des alternances de plus en plus cohabitantes :
les privatisations (86-88 / 93-97 : la gauche qui faisait du "ni-ni", est passée entre temps aux ouvertures de
capital et personne n’a plus privatisé que Jospin), mais les nationalisations
de 1981-82 ont été utiles pour recapitaliser les entreprises aux frais du
contribuable et rendre à la bourse les entreprises qu’on avait capitalisées.
Les nationalisations de 1981-82
ne sont donc pas un échec total. L’autorisation administrative de
licenciement est finalement supprimée en 1986 par Chirac. La gauche hurle mais ne
l’a jamais rétablie parce que les effets pervers sont supérieurs.
22) Des réussites
similaires
Imputables aussi bien à la droite
qu’à la gauche.
23) Des échecs
Le chômage augmente jusqu’en 1997
et reprend en 2001. Endettement de la France = 500miliards de Frs en 1983, en
2001 4800 et en 2003 6000 milliards de Frs. Le déficit budgétaire est le
premier fauteur de dette. Multiplication des affaires. Collusion entre la politique,
l’économie et les finances. Les Verts n’ont pas eu trop d’affaires.
24) Car le monde a changé
Hégémonie des conjonctures :
retour des cycles d’abord aux Etats-Unis puis en France. Aux Etats-Unis,
présence d’une phase d’expansions longues et de récessions courtes. Chez nous
c’est l’inverse.
L’impact des élections libres, et
des électrons libres (dollar, baril, bourse).
La victoire des marchés et la fin
des frontières : de l’internationalisation voulue à la mondialisation
subie, de la marchandise aux services, de la production à la financiarisation,
du réel au virtuel è l’Etat a perdu son bras protectionniste (GATT),
monétaire (La Banque de France est autonome puis devient une succursale de la
Banque Centrale Européenne).
L’aspect vampirique de
l’Europe : 1993 ou le Grand Marché qui s’accompagne de toute une
série de traités européens, il reste une banque centrale qui ne fait pas rêver,
l’euro est coûteux, léger en terme de dollars jusqu’en 2003 parce que le dollar
plonge. L’unité politique apparaît comme quête impossible.
Une Commission Européenne faible
parce qu’elle n’a qu’un statut intergouvernemental. Commission européenne qui
résulte de tous les exécutifs (La Haute Autorité de la CECA avait un rôle
supranational alors que la Commission n’a pas un rôle supranational mais
intergouvernemental, sauf qu’elle est gardienne des traités : elle
doit veiller à ce que tout le monde respecte sa signature).
Que reste-t-il de l’Etat ?
Obsolète ? Que reste-il de l’économie française ? Finalement ce sujet
n’est plus pertinent.
III) L’Etat : d’une mort assurée à une
résurrection espérée
31) En apparence l’Etat
n’est plus qu’un fossile
Certes la France s’est
modernisée, enrichie, mais elle reste un capitalisme sans capitaux. Le taux
de pénétration du capitalisme étranger est l’un des plus élevés environ
1/3. La France est la 5ème puissance économique mondiale et
commerciale. Donc la France s’est modernisée mais elle souffre toujours de cet handicap qu’est le manque de capitaux.
L’Etat
a été instrumentalisé par le marché, l’Etat concurrentiel de Cerny : il se livre à une guerre pour acquérir les
capitaux : illustration du nouveau rôle de la DATAR, le racolage des
capitaux. Les holdings de tête vont de plus en plus aux Pays Bas parce que les
bénéfices des holdings ne sont pas fiscalisés.
32) L’Etat
nécessaire
Quelles sont ses fonctions ?
Assistance sociale (SECU, RMI), politique anti-chômage importance du secteur
aidé de l’économie : fonctionnaires + aidés = 7 à 8 millions de personnes,
emplois jeunes devenus contrat jeuness en entreprise,
35 heures ; l’Etat père noël…
33) L’Etat
lubrificateur du marché
Il assure la formation des
hommes, investissements immatériels, les infrastructures surtout pour les
transports. Nouvelle politique industrielle : il faut donner un cadre pour
que les entreprises fassent au mieux. L’Etat est assureur,
planificateur, l’Etat courtier, l’Etat entremetteur. L’Etat
qui bouche les interstices (ex. Alsthom) mais les autres Etats font pareil.
34) La grande
réconciliation
Le marché a besoin d’Etat car c’est
moins cher (ex. les écoles de commerce plus chères que les écoles d’ingénieurs
gratuites). Spécialiste du temps court, il faut l’Etat pour rétablir le long
terme. Il ne peut pas faire durablement l’impasse sur le temps long. L’Etat est aussi plus sûr en terme de sûreté contre les
terroristes, donc l’Etat régalien est d’actualité pour autant qu’on lui
en donne les moyens. L’Etat est la roue de secours du
marché encore faut il qu’elle ne soit pas à plat.
La mondialisation accouche d’un Etat différent.
Guesnerie : « la mondialisation est une victoire du marché mais elle crée un besoin d’Etat ».
Fitoussi « la mondialisation
devient l’affaire des gouvernements plus que gouvernement des affaires ».
Conclusion : un sujet dont la pertinence a varié en fonction de la dialectique crise / Etat.
Avant guerre, l’Etat croissant dans son rôle économique pendant les crises sous forme de parenthèse, (ex : la Grande Dépression), la crise de 1929 a introduit de la permanence dans ce rôle qui a paru tendre vers la pérennisation pendant 30 Glorieuses.
Les crises depuis les années 70 ou plutôt la nouvelle configuration de économie mondiale ont mis l’Etat au tapis mais ce chaos n’est peut-être pas définitif.
Un autre type de cirse
donnera-t-il une nouvelle chance à l’Etat ?