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1914 la fin d'un monde?

2003 (D.S.)

 

 

Financier = investissements, banques et bourses.

 

I - Le gold specie standard ou la convertibilité à tous les étages

3 standard : le gold specie (interne/externe totale), le bullion standard (interne partielle), et l’exchange standard (externe)

 

11 / Au niveau des états 

      111) Une convertibilité pleine et entière de toutes les formes de monnaies en or

Chaque monnaie correspond à un poids or. (Taux de couverture différent de taux de convertibilité. Taux de couverture très important, beaucoup plus que le rapport livre/or ou francs/or, le rapport de couverture informe sur la puissance des monnaies). Le $ ne naît pas en 1913 il est né en 1793 et à l’époque il valait 1,6g d’or fin, mais en 1900 on fixe par le Gold Standard Act la valeur du Dollar avec monométallisme or. Entre 1900 et 1913 seul le pouvoir fédéral a la capacité de frapper la monnaie métallique, et en 1913 Washington a le monopole de l’émission de la monnaie. Ces monnaies bénéficient d’un taux de couverture élevé, car Europe possède 58% des réserves d’or mondiale (banque centrale + particuliers)

 

      112) L’absence d’inflation

Siècle de non inflation, peu de demandes, les prix sont à la baisse. Thésauriser n’est pas un pêché, on peut même gagner un peu d’argent parce que la monnaie s’apprécie. Aujourd’hui quand on thésaurise, l’argent se déprécie, puisque les monnaies se déprécient un tout petit peu. Au 19ème être rentier est une profession. Pendant les Trente Glorieuses, il y a trop d’inflation donc c’est impossible

 

      113) Les banques centrales jouent un rôle essentiel

Les banques centrales sont récentes, privées, elles sont responsables de l’émission monétaire, du réescompte, et du commerce de l’or.

 

12 / Le système monétaire international

      121) SMI est une extrapolation du système national

     

122) C’est un système hyper vertueux puisqu’il en représente 3

Il n’y a pas d’inflation importée (si un pays est en inflation il ne l’importe pas aux antres). Fixité remarquable des taux de changes. Il y a un rééquilibrage automatique des balances.

La BC a une balance déséquilibrée donc élève le taux d’escompte pour rendre l’argent plus cher : diminution de la masse monétaire + attire les capitaux étrangers è baisse des prix intérieurs mais aussi extérieurs. Les exportations sont moins chères, donc rentrée d’or. (DANS LA THEORIE – en pratique il y a des effets pervers)

     

123) Ce système ne peut fonctionner qu’avec un tuteur i.e. une monnaie et une banque dominante

Il faut un pays pivot qui accepte la rançon de la gloire i.e. une balance commerciale déficitaire pour qu’il y ait des sorties d’or pour elle mais des rentrées pour les autres. C’est l’UK qui accepte de jouer le rôle de BC des BC. Cela était possible au 19ème siècle parce que c’était l’époque de la suprématie britannique.

Les autres pays sont obligés de tenir compte de ce que fait l’UK : si l’UK augmente les taux, que faisons nous ?

 

II - Le financement de l’économie

21 / les banques

Spécialisation que l’on ne retrouve pas partout, la nouveauté c’est que les banques se développent en réseau de plus en plus proches de la clientèle

 

211) La permanence des banques classiques

Les banques sont des acteurs parce que c’est leur argent qu’elles utilisent ou l’argent qu’on leur a prété, ce sont des banques d’affaires au service des grands, Etats, chemins de fer, elles pratiquent une activité dangereuse : Haute Banque Française, Merchant Bank, les banques d’affaires US comme Morgan

 

212) Les nouvelles banques

Banques de dépôts ne sont donc pas des acteurs mais des intermédiaires : crédit conseil et introduction en bourse.

 

213) typologie des banques

Typologie des réseaux, les banques s’organisent en réseau : l’UK présente le réseau le plus complexe, il est hyper spécialisé puisqu’il y a un type de banque par type d’activité

En France c’est plus hésitant avec même des retours en arrière, et il est certain que la floraison bancaire s’est accompagnée de suffisamment de pépins.

Le réseau allemand est universel avec des banques qui font tout et osmose banque/industriels. Cela reste l’originalité allemande jusqu’aux années 90 donc moindre développement de la bourse

Dans le système américain : les banques ont suivi les pionniers dans leur marche vers l’est : beaucoup de banques : 30000 banques aux US avant 1929, après 15000. Il y a aux US des réseaux bancaires au niveau des Etats et 1913 : banques fédérales

 

214) le rôle des banques centrales

On ne peut pas faire sortir ou entrer des capitaux sans l’accord de la banque centrale, fonction présidentielle, les banques centrales sont les bras séculiers des Etats (= dans le domaine monétaire c’est pas l’état qui prend les décisions directement mais c’est la BC qui les prend au nom de l’état).

 

22 / le moyen qui s’affirme : la bourse

221) Pourquoi la bourse ?

Grands besoins financiers, RII a besoin de plus de capitaux que la RI, + railway mania : les banques sont insuffisantes, entreprises aussi qui s’agrandissent, et mutation psychologique spéculation : de la frilosité à la frivolité.

 

      222) Les services

L’émission des valeurs mobilières à revenus variables et fixes, mais la bourse ne se contente pas des émissions, elle côte en permanence des entreprises nouvelles et anciennes. Transparence mais en retour notoriété et peut avoir de l’argent moins cher (même en banque). On peut aussi précéder à des OPA ou des OPE.

 

      223) Les places financières

Londres puis NY, Paris, Nouvelle Orléans est la bourse du coton, dans ce mouvement d’émergence L’Allemagne est en retrait, on préfère la banque. 1866 : Londres krach boursier, 1807 : NY, il peut donc y avoir des pépins. Ce monde financier reste un monde Anglais.

 

III - 1914 la fin du 19ème siècle ?

Le système de l’étalon or présente des faiblesses, mais la guerre va être la démonstration éblouissante que ce système est dorénavant défunt

31 / La fin du GSS

311)

L’UK est le seul pays à appliquer le GSS, les autres font avec parce qu’ils ont obligé de tenir compte de ce que fait l’UK – Si l’Uk change son taux d’escompte, tout le monde n’est pas obligé d’en faire autant mais ils sont obligés d’en tenir compte et de réfléchir sur ce qu’ils vont faire.

 

312) Risque de famine monétaire

Car il faut plus d’or qu’avant, parce que l’économie s’est développée. 

 

      313) Erosion de l’hégémonie européenne

Loi de Shakespeare, (1914) 9/10 des investissements étrangers réalisés par l’Europe, et l’UK en tête. Cela rapporte 10% de son revenu national à l’UK, et 4% à la France, et 3% à l’Allemagne. En 1914 150% de PIB de l’UK placé à l’étranger (en cumul de tout ce qui a été placé au cours du temps), France 115%, Allemagne 140%, US 110%

 

32 / L’impact de la conjoncture de la Première Guerre Mondiale

321) Cours forcé

Valable que pour les indigènes qui n’ont pas le choix, mais les étrangers se font payer en or s’ils achètent quelque chose en France.

 

322)La planche à billets

Nécessité de moyens financiers qu’on n’a pas, donc planche à billets. Fait de faire tourner la machine. Conduit à l’inflation. Le taux de couverture du Franc en 1919 est de 10%, accompagné d’une augmentation de la monnaie fiduciaire de 180%, les balances sont négatives, le budget est déséquilibré, on doit trouver des sous pour financer, donc l’Etat a créé l’IRPP (impôt sur le revenu des personnes physiques) en 1914. En 1917 on crée une taxe sur les bénéfices de guerre, car enrichissement fantastique des industriels qui travaillent pour la guerre è scandale.

 

      323) Le recours à l’emprunt

Pour financer la guerre on cherche des français qui donnent leur or, mais surtout emprunt extérieur et surtout aux US, on n’a pas les moyens de payer toutes les commandes, dettes des US que l’on refuse de payer après 32 puisque à la conférence US décide que les Allemands n’ont plus à payer les Français. Cette situation financière était grave et est encore aggravée, on avait prêté des sommes colossales à la Russie et en 1917 Révolution et les Bolcheviques ont décidé qu’ils ne reconnaissaient pas les dettes des Tsars. Donc c’est le drame. A la fin de la guerre impossible de revenir en arrière.

 

33 / les tentatives de rétablissement

Tentatives jusqu’à la crise des années 30, on pratique tantôt l’inflation tantôt la déflation.

      331) Il suffirait de remplacer UK par US

US ne participent pas à la conférence de Gênes, ils ne se sentent pas concerner.

 

      332) La conférence de Gênes

Caractère interne : possibilité de revenir à une convertibilité partielle, externe : mise en place du Gold exchange standard, soit on redevient convertible en or, soit en devise, et en 1922 il y a très peu de devises : dollar américain fonctionne bien mais il ne se sent pas concerné. Pour se procurer des dollars il faut soit avoir un commerce excédentaire par rapport aux US, soit les touristes US. Donc retour partiel et progressif à la convertibilité et les ennuis commencent, pour l’Allemagne notamment : évaporation du Dmark et remplacement par le Reichsmark. 1925 l’UK décide de rétablir la convertibilité, le Franc a perdu 4/5 de sa valeur sur le marché donc dévaluation de Poincaré que l’on appelle une ‘stabilisation’. 1928 est une année où on a quand même l’impression que cela va mieux, la convertibilité est revenue presque partout, l’inflation est terminée, mais bon 1929 arrive. Prospérité US exceptionnelle car intense spéculation boursière.

 

34 / De l’explosion des marchés financiers à l’explosion du SMI

      341) 3ème  poussée bancaire

Qui dure jusqu’en 31 avec Crédit Lyonnais, on passe de 274 agences à 1309.

 

      342) Evolution de la bourse

NY prédomine avec un développement tellement exagéré, spéculation incroyable. Les européens HT des actions US et font des prêts sur le marché US avec achat sur marge.

 

      343) Echec de la conférence de Londres et Anarchie monétaire

La crise US ne reste pas américaine : elle devient une crise mondiale. Face à cette crise mondiale il n’y a pas de solidarité. Il y a ceux qui dévaluent et ceux qui se raccrochent à l’or comme la France. Les autres monnaies flottent, dévaluent. Dévaluation du Yen et de la Livre en 1931. Etablissement des zones monétaires. Plus qu’une solution la guerre !

Dans le domaine financier le constat est plus nuancé que dans le domaine monétaire, la fin d’un monde serait 1929 : c’est plus une crise du capitalisme qui conduit à sa mutation.

 

Conclusion 

Manifestement 1914 marque la fin d’un monde sans inflation, stable, malgré des crises limitées (comme la Grande Dépression). Un monde stable, british. L’entre deux guerres est l’histoire d’une lente agonie en dépit des soins que les conférences etc… n’ont pas rendus moins dangereuse. Cependant la fin d’un monde n’est pas la fin du monde. Bretton Woods montrera que les US ont été capable de prendre leur responsabilité quand c’est nécessaire.