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UE et Tiers Monde. Peut-on faire du développement avec de bons sentiments ?
2002 (D.S.)
Introduction : Un sujet qui semble suggérer à priori qu'il y avait une originalité dans les relations UE / 1/3 Monde.
Dans un premier temps, creuser le sens en définissant les termes et baliser les champs d'investigation.
Puis évoquer le type de relation sous-entendu par Lomé et ses résultats
Enfin, montrer comment l'UE rentre dans le rang à la satisfaction d'une partie au moins de ses membres.
I / L'héritage ou le retour sur les lieux du crime....
11 - Des définitions et des précisions d'abord
Tiers-Monde : Devenu inutilisable comme notion mais pratique
Le développement : Développement sans croissance n'est guère concevable. Optique du développement considérée
comme positive. Faire du développement, c'est participer au développement des autres.
Les bons sentiments : "On ne fait pas de la littérature avec de bons sentiments" Gide
12 - Une approche différente (des autres triadiques)
L'U.E. a essayé d'introduire de l'humanité (de l'affectif), ce qui fait beaucoup sourir. Cette action s'inscrit un peu dans un courant tiersmondiste des années 60.
Par rapport à ça, le Japon a misé sa rentabilité en investissant dans des pays souvent proches et complémentaires (économiquement). Quant aux Etats-Unis, ex-clonies eux-mêmes,
et donc débarassés de toute culpabilité, ils sont en toute bonne conscience impérialistes.
13 - Le terrain de jeu ou les bénéficiaires
Politique euroméditerrannéenne (avec le Magrebh et Israël, la Turquie)
Rapprochement UE et Mercosur
Les pays privilégiés sont ceux d'Afrique
Traité de Rome (FED en 1958) : France et Belgique veulent l'étendre aux anciennes colonies
II / Une approche originale et présomptueuse
21 - U.E. et Tiers-Monde au sens large
SPG (Système des Préférences Généralisées) créé en 1970 à la demande de la CNUCED : concerne les produits industriels sur une base unilatérale, accord révocable
Accords de coopération
Réduction de la dette
L'APD (Aide Publique au Développement), gérée par le CAD (Comité d'Aide au Développement) et les différentes aides publiques...
22 - Le noyau lourd des bénéficiaires : les ACP
Accords de Yaoundé en 1963 et 1975
De 1975 à nos jours, les accords de Lomé sont renouvelés jusqu'en 1995. Système paritaire (avec le FED, Fonds Européen de Développement)
entre l'UE et les pays ACP. Existence de la BEI.
Ouverture du marché européen sans réciprocité
Parler du Stabex (pour palier les dysfonctionnements des cours) et du Sysmin (pour stabiliser les économies des pays miniers)
23 - Des résultats décevants
Les faits : Stabex et Sysmin n'ont pas été très efficaces, seule consolation, sans Lomé, les résultats auraient été pires.
Les responsabilités :
- La faute à l'UE : insuffisance du financement, langueurs de l'administration de Bruxelles, division parmi les 12, l'appel de l'Est
- Leur faute : Insuffisance des administrations, rôle excessif donné aux militaires, manque de démocratie, multiplication des affrontements ethniques et tribaux
- La faute à tous : la corruption (parler de Elf)
III / Cotonou ou le reniement
31 - Le monde a changé : l'aide a mauvais presse
Compromis de Washington : seuls les pays qui se comportent bien (ie. les libéraux) peuvent bénéficier des aides internationales : FMI, Banque Mondiale...
Triomphe du libre-échange (de tout, sauf des hommes). Les frontières sont hors la loi (sauf pour les juges et les policiers)
OMC
Avril 2001, Les USA et l'UE ont signé un compromis pour augmenter les quotats de bananes Chiquita
32 - Cotonou - juin 2000
La réalité : passage à la mondialisation sous condition de développement démocratique, des droits de l'homme...
Le masque : il reste de l'argent issu de l'accord (25 Md $) et du temps : 8 ans pour une transition et 12 pour créer 3 sous-ensembles régionaux intégrés
33 - L'objectif : le modèle libéral, ou l'anti-sentiment
Tous les pays occidentaux ont fait du libre-échangisme à l'abri du protectionisme et en gardent encore les traces
Les fameux NPI, avant de s'ouvrir avec prudence aux nouvelles modes, ont réalisé l'expansion dans les années 60, avec l'aide des financements publics, mais ont aujourd'hui des dettes énormes (ex. les Chaebols coréens)
Conclusion : Cotonou marque la fin de la grande illusion : introduire l'humanité dans les relations internationales. Il fallait beaucoup de candeur pour penser qu'on pouvait faire du développement avec des bons sentiments.
Le retour à la réalité, même triste, est peut-être paradoxalement porteur d'avenir sinon de sens : c'est une invitation à mettre en place une mondialisation éducatrice pour les débutants.