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2004 (Cours)
« Tout ce qui n’est pas vers est prose, et tout ce qui n’est pas prose est vers. »
Ainsi commence le Bourgeois Gentilhomme de Molière.
La poésie est une forme de parole scandée.
Dans l’Antiquité, on se préoccupait avant tout de l’alternance
entre les rimes brèves et longues, et on ne comptait pas les pieds alors
qu’aujourd’hui, le vers est constitué par un rythme.
Il y a des langues poétiques car elles sont proches de la
voix, des voyelles, du chant (cf. Rousseau : Essai sur l’origine
des langues)
La poésie est lyrique : elle est faite pour être chantée
La prose est une langue non scandée
Elle ne cherche pas les effets de rythmes et de chansons
voulu par la poésie.
Dans la rhétorique, la prose cherche les effets et cherche à
toucher l’auditeur avec des moyens différents de ceux de la raison pure.
Dans ce cas, elle se rapproche de la poésie, le rythme
comptant plus.
De même, la littérature, même si elle est écrite en prose, a
un rythme (par exemple, on reconnaît celui de Proust)
A une certaine époque (jusqu’au Nouveau Roman), on observe une tentative de travailler la langue et de lui donner des rythmes (par exemple la suppression de la ponctuation)
De l’autre côté, il y a une disparition des formes poétiques
traditionnelles ou classiques (ex :le sonnet)
Surtout à partir de Rimbaud, on voit apparaître la
déconstruction de la forme versifiée traditionnelle
Baudelaire compose des poèmes en prose (ex : L’invitation
au voyage)
Il se préoccupe néanmoins du rythme de la phrase
Autre exemple, les calligrammes d’Apollinaire (ils se
voient, ne se disent pas car c’est la poésie qui se regarde)
Une partie de la poésie contemporaine s’éloigne de l’idée
qu’elle est liée avec le chant
Francis Ponge considère que le matériau du poète est
le mot, non pas tel qu’il est dit mais tel qu’il est écrit
Le poète est un artisan, il tire la poésie du côté des arts plastiques